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Du piccolo au melchizédech

Les formats de bouteilles

Quatorze formats, de 18,75 cl à 30 litres, la plupart baptisés d’après des rois et patriarches bibliques. Cliquez sur une bouteille pour son histoire et son équivalence en bouteilles de 75 cl.

La gamme

Bouteilles à l’échelle : à forme égale, la hauteur croît comme la racine cubique du volume.

Contenance
Bouteilles de 75 cl
Verres de 12,5 cl

Pourquoi 75 cl ?

Au XIXe siècle, le premier client des vins français est l’Angleterre. Pour faciliter les transactions, le négoce prend le gallon impérial (4,546 L) comme mesure de référence.

La barrique bordelaise de 225 L contient environ 50 gallons, soit 300 bouteilles. Un gallon équivaut à 6 bouteilles de 75 cl, d’où la vente en caisses de 6 ou de 12.

Longtemps simple usage, le 75 cl est devenu la norme légale en Europe en 1975 (directive 75/106/CEE), puis aux États-Unis en 1979.

4,5 L≈ 1 gallon
6 bouteilles de 75 cl : une caisse de six.
225 L1 barrique
≈ 50 gallons = 300 bouteilles = 25 caisses de 12.
6verres
Une bouteille sert six verres de 12,5 cl, la dose de service usuelle.

Autres bouteilles remarquables

Dame-jeanne

20 – 30 litres

L’origine du nom est incertaine. La légende veut qu’une reine Jeanne de Naples, en exil, se soit abritée chez un verrier qui baptisa la bonbonne en son honneur. Le mot viendrait plutôt du persan Damghan, ville réputée pour son verre. Aujourd’hui, on l’utilise notamment à Banyuls et Maury : exposées au soleil, les dames-jeannes donnent les vins rancio.

Clavelin

62 cl · ⅚ bouteille

Réservé au vin jaune du Jura, élevé sous voile sans ouillage pendant au moins 6 ans et 3 mois. La légende dit que 62 cl, c’est ce qui reste d’un litre après l’élevage : la « part des anges ».

Flûte d’Alsace

75 cl

Obligatoire pour les AOC d’Alsace et autorisée dans une poignée d’appellations : Cassis, Tavel, Muscadet, Château-Grillet, Côtes de Provence… Elle contenait autrefois 70 cl ; c’est aujourd’hui presque toujours 75 cl.

Pot lyonnais

46 cl · ≈ ⅔ bouteille

Carafe à fond épais des bouchons et bistrots de Lyon, traditionnellement remplie de beaujolais ou de côtes-du-rhône. On en trouve aujourd’hui aussi en 50 cl.

Chopine

25 cl · ⅓ bouteille

Ancienne mesure de cabaret, devenue petite bouteille d’un tiers : de quoi servir deux verres.

Et les démesurés

À côté d’une bouteille de 75 cl et d’un melchizédech.

Adélaïde

93 litres · 124 bouteilles

Format rarissime, réservé au champagne.

Sublime

150 litres · 200 bouteilles

Apparu au début des années 2000. Pas pour les cœurs fragiles : venez avec la famille et les amis !

Hauteurs indicatives, calculées à proportions constantes à partir d’une bouteille de 30 cm.

Histoire de la bouteille

De la jarre au flexitank : comment le vin a voyagé, et quand la bouteille est devenue son contenant.

Pendant près de 8 000 ans, le vin a surtout voyagé en jarre, en amphore puis en tonneau. La bouteille de verre existe depuis l’Antiquité, mais elle est restée un objet de table, trop fragile pour le commerce. Il a fallu attendre le XVIIe siècle anglais, un verre plus solide et le bouchon de liège, pour qu’elle transporte le vin, puis le XVIIIe siècle pour qu’on la couche et qu’on y fasse vieillir le vin.

Retour de l’histoire : aujourd’hui, ≈ 35 % du vin exporté dans le monde (en volume) voyage de nouveau en vrac, en citernes de 24 000 litres, et n’est souvent mis en bouteille qu’à l’arrivée.

Qui a inventé la bouteille ?

Personne en particulier : le verre soufflé est né au Ier siècle av. J.-C. au Proche-Orient. La bouteille à vin moderne, épaisse et sombre, est en revanche attribuée à l’Anglais Sir Kenelm Digby (1603–1665), dont la paternité fut reconnue en 1662. L’attribution reste discutée : plusieurs verriers anglais travaillaient alors sur le même verre au charbon.

  1. ≈ 6000 av. J.-C.Caucase · Mésopotamie

    Jarres et outres

    Les premiers vins connus sont faits et conservés dans de grandes jarres de terre enterrées (ancêtres des qvevri géorgiens). Pour voyager, on utilise des outres en peau de chèvre, légères mais qui donnent leur goût au vin.

  2. XVe s. av. – IIIe s.Méditerranée

    L’âge de l’amphore

    Phéniciens, Grecs puis Romains expédient le vin dans des amphores de terre cuite d’environ 25 litres, enduites de poix à l’intérieur et scellées d’argile ou de liège. Fondée vers 600 av. J.-C., Marseille en produit très tôt ; aux IIe et Ier siècles av. J.-C., des millions d’amphores de vin italien remontent le Rhône et la Saône vers la Gaule. Les épaves en sont encore remplies.

  3. Ier s. av. J.-C.Syrie · Rome

    Le verre soufflé

    Le soufflage du verre est inventé sur la côte syro-palestinienne et se répand dans tout l’Empire. Les Romains font des fioles et des bouteilles, mais ce verre est trop fragile pour le transport : il sert à la table, pas au commerce.

  4. Ier – IIIe s.Gaule

    Le tonneau gaulois

    Les Gaulois, tonneliers habiles, cerclent des douelles de bois. Le tonneau est plus léger, plus solide et se roule : il remplace peu à peu l’amphore et va dominer le commerce du vin pendant plus de 1 500 ans. Le vin voyage en fût, se vend au fût, et l’on remplit cruches et pichets à la cave ou à la taverne. Le tonneau devient même une unité : le tonneau bordelais (900 L, quatre barriques) mesure encore aujourd’hui le commerce de Bordeaux, et la « jauge » des navires.

  5. Moyen ÂgeEurope

    Une « petite barrique »

    Le mot bouteille vient du bas latin butticula, diminutif de buttis, « tonneau » : la bouteille est d’abord un petit récipient de service, en grès, en étain, en cuir ou en verre clissé d’osier (la fiasque italienne). On l’apporte à la cave pour la faire remplir.

  6. 1615 – 1660Angleterre

    Le verre noir anglais

    En 1615, Jacques Ier interdit de chauffer les fours de verrerie au bois, réservé à la marine. Les verriers passent au charbon : fours plus chauds, verre plus épais, vert sombre presque noir et bien plus résistant. Vers 1630, Sir Kenelm Digby fait fabriquer des bouteilles robustes à panse ronde et col court ; en 1662, le Parlement lui reconnaît la paternité de cette « bouteille à vin » moderne. En 1662 aussi, Christopher Merret décrit l’ajout de sucre pour rendre les vins mousseux : seules ces bouteilles anglaises supportent la pression.

  7. XVIIe s.Europe

    Bouchon de liège et tire-bouchon

    Le bouchon de liège enfoncé dans le col remplace la cheville de bois entourée de chanvre huilé. Pour l’extraire, on invente le « ver d’acier » : le tire-bouchon est mentionné en Angleterre dès 1681. Le vin peut désormais rester bouché longtemps.

  8. 1723 · 1728Bordeaux · Champagne

    La France s’y met

    En 1723, l’Irlandais Pierre Mitchell fonde à Bordeaux la première verrerie de bouteilles « à l’anglaise », future Verrerie royale. Le 25 mai 1728, un arrêt de Louis XV autorise enfin le transport du vin de Champagne en bouteilles : jusque-là, le vin ne voyageait qu’en fût. Ruinart, première maison de champagne, naît l’année suivante (1729).

  9. 1680 – 1800Formes

    De l’oignon au cylindre

    La bouteille s’allonge : oignon trapu (vers 1680–1730), puis maillet, puis cylindre à la fin du XVIIIe siècle. Une bouteille cylindrique se couche : le bouchon reste humide et étanche, on peut empiler, stocker… et faire vieillir. C’est la naissance du vin de garde en bouteille et des grands millésimes.

  10. XIXe s.France

    Les formes régionales

    Chaque région fixe sa silhouette : bordelaise à épaules hautes, bourguignonne à épaules tombantes, champenoise au verre épais pour résister à environ 6 bars, flûte d’Alsace. Soufflées à la bouche, les bouteilles restent de contenance variable (70 à 80 cl) : en Angleterre, on a longtemps vendu le vin à la mesure plutôt qu’à la bouteille pour cette raison. La mise en bouteille se fait surtout chez les négociants, souvent dans le pays acheteur.

  11. 1903États-Unis

    La bouteille industrielle

    L’Américain Michael Owens met au point la première machine entièrement automatique à fabriquer les bouteilles. Les contenances deviennent régulières et le prix s’effondre : la bouteille devient l’emballage normal du vin.

  12. 1924Pauillac

    Mis en bouteille au château

    Le baron Philippe de Rothschild impose la mise en bouteille de toute la récolte de Mouton au château, pour garantir l’authenticité du vin. Les grands crus suivent ; la mention « mis en bouteille au château / au domaine » devient un gage de qualité.

  13. 1975Europe

    75 cl, la norme

    La directive 75/106/CEE fait du 75 cl le volume légal de la bouteille de vin (voir plus haut).

  14. Aujourd’huiMonde

    Le vrac revient

    ≈ 35 % du vin exporté dans le monde voyage en vrac (mais ≈ 7 % seulement de la valeur) : navires-citernes, camions-citernes, flexitanks de 24 000 L glissés dans un conteneur. Il est souvent embouteillé près du consommateur : ≈ 85 % du vin australien vendu au Royaume-Uni y arrive en vrac. Le bag-in-box (Australie, années 1960) et la capsule à vis se sont imposés, et l’on allège le verre : la bouteille pèse souvent le plus lourd dans l’empreinte carbone du vin (≈ 30 à 50 % selon les études).

Oignon≈ 1700
Maillet≈ 1740
Cylindre≈ 1790
BordelaiseXIXe
BourguignonneXIXe

Le tastevin

La petite tasse d’argent des caves de Bourgogne, outil du vigneron devenu insigne du sommelier.

Tastevin, Hospices de Beaune

Le tastevin (ou tâte-vin, de « tâter » le vin) est une petite coupelle peu profonde en métal, le plus souvent en argent, munie d’une anse1. On y verse un peu de vin tiré du fût pour l’examiner, le sentir et le goûter à la cave, avant qu’il ne soit vendu1,2.

Pourquoi un tel objet ? Dans la pénombre des caves, on ne voyait qu’à la bougie, et le verre était rare et fragile. L’argent poli renvoie la moindre flamme à travers le vin : couleur et limpidité apparaissent d’un coup d’œil2,3. Il ne casse pas, résiste à la corrosion et ne donne aucun goût au vin2.

L’usage est associé à la Bourgogne. Les tastevins d’argent conservés dans les musées datent surtout du XVIIIe siècle et du XIXe (par exemple Paris, 1760)2,4. Vignerons, courtiers et négociants avaient le leur, souvent gravé de leur nom, de leurs initiales ou d’une date2,10. On en trouve aussi en étain ou en métal argenté.

L’ombilic

Le centre

Le grand dôme central (le « nombril ») étale le vin en anneau mince et renforce la lumière : on y lit la nuance et la limpidité3.

Les cupules

Les reflets

Bosses rondes martelées de l’intérieur. Elles fragmentent et multiplient les reflets à travers des épaisseurs de vin différentes3. La tradition orale les réserve aux rouges.

Les godrons

Filets de vin

Côtes rayonnantes, droites ou torses : le vin y coule en filets fins. Toujours selon la tradition, ils serviraient aux blancs, pour en voir l’éclat3.

Les perles

Décor

Petites perles en relief, en couronnes, qui font scintiller la surface. Le tastevin de Bordeaux, lui, était souvent lisse : seul compte le reflet de l’argent3.

Le modèle bourguignon

Anneau plat pour le pouce, couronnes de cupules et de perles autour d’un grand ombilic central.

Vu de dessus

Le même décor à plat : chaque bosse renvoie la lumière à travers une épaisseur de vin différente.

Anse aux serpents

Anse ajourée de deux serpents affrontés, godrons rayonnants et fond cerné d’un rang de perles.

Godrons et cupules

Le décor classique en deux moitiés : godrons torses d’un côté, cupules de l’autre. Anneau gravé des initiales du propriétaire.

Poucier plat

Prise en poucier (« oreille ») au lieu de l’anneau, godrons ondulés et perles.

Tastevins de la collection des Hospices de Beaune (Hôtel-Dieu) · Photos : © 2026 Christophe A. Paul10

Comment s’en servir

Le geste du caviste
  1. Tirer un peu de vin du fût par la bonde à la pipette, que l’on appelle elle aussi « tâte-vin »1.
  2. Tenir le tastevin par l’anneau, le pouce posé sur la prise, et n’y verser qu’un fond de vin.
  3. L’incliner vers la bougie ou la lampe : l’ombilic et les reliefs révèlent couleur et limpidité2,3.
  4. Faire tourner, sentir, goûter1… et recracher.

Aujourd’hui, le verre à pied a pris le relais : le tastevin sert surtout d’insigne, porté en sautoir par les sommeliers et les membres des confréries3,5.

Les Chevaliers du Tastevin

Nuits-Saint-Georges, 1934

En pleine crise des années 1930, alors que le vin ne sort plus des caves, Georges Faiveley et Camille Rodier fondent le 16 novembre 1934, au Caveau Nuiton de Nuits-Saint-Georges, la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, pour relancer les vins de Bourgogne. Le tastevin en devient l’emblème5.

Depuis 1944, la confrérie a son siège au Château du Clos de Vougeot, où elle tient ses chapitres. Depuis 1950, son Tastevinage sélectionne à l’aveugle des vins de Bourgogne, qui portent ensuite une étiquette spéciale9.

À voir : les Hospices de Beaune

Hôtel-Dieu · Beaune (Côte-d’Or)

Fondé en 1443 par le chancelier Nicolas Rolin et son épouse Guigone de Salins pour soigner les pauvres, l’Hôtel-Dieu de Beaune, avec ses célèbres toits de tuiles vernissées, est aujourd’hui un musée6. On y voit une belle collection de tastevins : tous ceux photographiés sur cette page en font partie10. Elle permet de comparer les décors, les anses et les poinçons d’orfèvres de plusieurs siècles.

Le lien avec le vin est ancien : au fil des siècles, des donateurs ont légué leurs vignes aux Hospices, qui possèdent aujourd’hui une soixantaine d’hectares, surtout en premiers et grands crus. Depuis 1859, leurs vins sont vendus aux enchères le troisième dimanche de novembre7. À quelques rues de là, le Musée du Vin de Bourgogne présente lui aussi des tastevins, dans sa salle des rites et coutumes8.

Sources

  1. Académie française, Dictionnaire, 9e édition, article « tâte-vin » (pipette et petite coupe ; graphies taste-vin, tastevin). ↗
  2. The Metropolitan Museum of Art, New York, notices « Wine taster » (tasses à vin françaises en argent, XVIIIe siècle) : usage par les marchands, choix de l’argent. ↗
  3. Jancis Robinson, « The return of the tastevin », JancisRobinson.com : bosses et « nombril », traditions orales, tastevin lisse de Bordeaux. ↗
  4. Tastevin en argent, Paris 1760–1761, orfèvre Jean-Baptiste Gillet (notice d’antiquaire avec poinçons), Proantic. ↗
  5. Confrérie des Chevaliers du Tastevin, « Histoire » (fondation le 16 novembre 1934 au Caveau Nuiton, acquisition du Clos de Vougeot à la Libération). ↗
  6. Hospices Civils de Beaune, Dossier de présentation de l’Hôtel-Dieu de Beaune (PDF). ↗
  7. Sotheby’s, catalogue de la 161e vente des vins des Hospices de Beaune (domaine, enchères depuis 1859). ↗
  8. Office de tourisme de Beaune, « Musée du Vin de Bourgogne » (salle des rites et coutumes : tastevins). ↗
  9. Château du Clos de Vougeot, « The seal of approval of the Greater Burgundy Wine Region » (Tastevinage créé en 1950, dégustation à l’aveugle). ↗
  10. Photographies et observations de l’auteur, collection de tastevins de l’Hôtel-Dieu, Hospices de Beaune. © 2026 Christophe A. Paul.

Le tire-bouchon

D’un outil d’armurier à l’objet de poche du sommelier : une brève histoire, et les principaux modèles.

Dès que le bouchon de liège entre à force dans le col des bouteilles, au XVIIe siècle, il faut un outil pour l’en sortir. On le trouve du côté des armes : une petite spirale d’acier qu’on visse dans le liège.1,2 En trois siècles, cette vis s’est dotée de boutons, de leviers, d’ailes et de cages — mais le principe n’a pas changé.

Qui a inventé le tire-bouchon ?

Personne en particulier : l’outil dérive très probablement du tire-balles des armes à feu, et la première mention écrite, en 1681, n’a pas d’auteur connu. Le premier brevet, lui, a un nom : le révérend anglais Samuel Henshall, en 1795.1,2

  1. ≈ 1630Armes à feu

    Le tire-balles

    Soldats et chasseurs retirent les charges ratées du canon des mousquets avec une petite spirale de métal au bout de la baguette, le « tire-balles ». Le tire-bouchon en descendrait sans doute.1,2

  2. 1681Angleterre

    Un « ver d’acier »

    Première mention écrite connue : le catalogue d’un musée anglais décrit un « ver d’acier » servant à tirer les bouchons des bouteilles (a Steel Worme used for the drawing of Corks out of Bottles).1

  3. 1718France

    Le mot « tire-bouchon »

    Le Dictionnaire de l’Académie le définit : une « sorte de vis de fer ou d’acier, qui tient à un anneau » pour tirer les bouchons des bouteilles.3

  4. 1795Angleterre

    Le premier brevet

    Le révérend Samuel Henshall obtient le premier brevet de tire-bouchon. Sa trouvaille : un petit disque, le « bouton Henshall », entre la mèche et la poignée, qui empêche la vis de s’enfoncer trop loin dans le bouchon.1,2

  5. 1880 · 1888Angleterre

    Le double levier

    Premiers tire-bouchons à deux leviers : brevet de William Burton Baker en 1880, puis le célèbre « A1 » de James Heeley & Sons en 1888. On abaisse les deux bras, et le bouchon monte.2,5

  6. 1882Rostock

    Le couteau de sommelier

    L’Allemand Carl Wienke brevète un tire-bouchon pliant à levier qui prend appui sur le bord du goulot : c’est le « limonadier », l’outil de poche de tous les sommeliers.2,4

  7. 1930États-Unis

    Le tire-bouchon à ailes

    L’Italien Domenico Rosati obtient le premier brevet américain du tire-bouchon « à ailes » : deux bras à crémaillère qui se lèvent quand la mèche entre dans le bouchon.2

  8. 1979États-Unis

    Le Screwpull

    L’Américain Herbert Allen invente le Screwpull (brevet accordé en 1981) : une mèche longue et fine, gainée de téflon, et une cage qui se pose sur le col ; on tourne toujours dans le même sens et le bouchon remonte tout seul. Il entre dans la collection du MoMA.1,2

Quelques modèles

Le tire-bouchon en T / The T-handle corkscrew

Le tire-bouchon en T

Le plus simple

Une mèche et une poignée : on visse, puis on tire à la force du bras. C’est la forme décrite par l’Académie en 1718.3

Le tire-bouchon à bouton / The button corkscrew

Le tire-bouchon à bouton

Henshall, 1795

Le disque au-dessus de la mèche bute sur le bouchon : la vis ne s’enfonce pas plus loin, et ne traverse pas le liège.1,2

Le limonadier / The waiter’s friend

Le limonadier

Couteau de sommelier

Pliant, avec une petite lame pour la capsule et un levier qui prend appui sur le goulot. Léger et précis : l’outil des professionnels.2,4

Le tire-bouchon à ailes / The winged corkscrew

Le tire-bouchon à ailes

Double levier

En vissant, les deux bras se lèvent ; en les abaissant, on fait monter le bouchon. Pas besoin de force.2

Le bilame / The twin-prong puller

Le bilame

Sans mèche

Deux lames fines glissent de part et d’autre du bouchon, entre le liège et le verre ; on tourne et on tire. Le bouchon sort sans être percé et peut être remis.2

Le Screwpull et ses cousins / The Screwpull and lever pulls

Le Screwpull et ses cousins

Depuis 1979

Une cage posée sur le col guide une longue mèche téflonée : le bouchon remonte sans effort. Ses descendants « à levier », plus encombrants et plus chers, sont encore plus rapides.1,2

Sources

  1. B. Scriber, « Seven twists in corkscrew history », National Geographic, 14 juillet 2015 (tire-balles des mousquets, catalogue de 1681, brevet Henshall de 1795, Wienke, double levier, Screwpull). nationalgeographic.com
  2. Wikipédia (en), « Corkscrew » : tire-balles utilisé depuis au moins les années 1630, bouton Henshall, couteau de sommelier de Wienke (1882), double levier de W. Burton Baker (1880), brevet américain de D. Rosati (1930), bilame, Screwpull de H. Allen (1979, collection du MoMA), d’après l’Oxford Companion to Wine. en.wikipedia.org
  3. Académie française, Dictionnaire, 2e édition (1718), t. 2, p. 697, article « tire-bouchon ». dictionnaire-academie.fr
  4. C. F. A. Wienke (Rostock), « Lever-Corkscrew », brevet américain n° 283 731, 21 août 1883 (après le brevet allemand de 1882). Google Patents
  5. The Wine History Project of San Luis Obispo County, « Corkscrew development exhibit » (double levier A1 de James Heeley & Sons, 1888). winehistoryproject.org